jeudi 11 décembre 2008

Challenge 2 de "En toute intimité"...

une page avec pour thème quelque chose que l'on déteste et beaucoup de journaling...


Vous porter et vous mettre au monde a été et restera ce qui m’est arrivé de mieux dans ma vie. Je dis cela sans l’opposer
à mon histoire d’amour avec votre père, parce que cela ne s’oppose pas, mais se complète. Cependant, ces deux genres de
relations ne se conjuguent pas sur le même temps.
Ma relation avec chacun d’entre vous est viscérale. Au-delà des sentiments et des émotions, c’est un lien originel,
la source de tous les autres. Chaque minute, chaque jour, chaque mois passé à l’abri de mon ventre ont laissé des traces
à l’intérieur de moi, vous n’avez pas fait que passer, vous avez marqué tout mon être de vos empreintes, de manière indélébile.
Je voudrais oublier cela que je ne le pourrais pas. Parfois, je me sens encore « pleine » de vous…
Puis vous avez grandi. Au fil des années, vous avez acquis votre indépendance avec plus ou moins de tensions, de remises
en question, d’oppositions jusqu’à ce que chacun, tant vous que moi, apprivoise son territoire et trouve sa bonne distance.
J’ai adoré vous voir progresser et chercher vos marques. Souvent vous m’avez testée et à travers vous j’ai aussi grandi.
Pour les aînés, sont arrivés les premiers départs, les premiers envols vers vos vies d’adultes. Vous êtes tous plus grands
que moi et je fonds lorsque vous me prenez dans vos bras en me disant «viens ma petite maman ».
Vos soucis, vos chagrins, je les ai toujours portés avec vous. J’ai consolé, encouragé, motivé après chaque déception,
chaque échec. J’ai toujours considéré qu’il n’y avait pas de « mini » ou de « grands » problèmes et que les chagrins
des petits sont aussi importants que ceux des adultes. Cependant, lorsque vous étiez encore enfants, je pouvais vous
aider à trouver une solution qui mettait fin à vos soucis. Mais lorsque maintenant je vous vois aux prises avec la vie
qui parfois vous malmène et vous bouscule et que je suis obligée de constater mon impuissance à vous éviter
de vous briser sur les obstacles, c’est pour moi une grande souffrance et je déteste ça.

4 commentaires:

Loana a dit…

Ohlala, ohlala, ton texte est magnifique, boulversant ! J en ai les larmes aux yeux ! Bravo

Eulalie a dit…

Merci Marie-Pierre. Tu m'émeus beaucoup, là.
Quelle merveilleuse maman tu fais là. Quelle chance ont tes enfants!
Quelle chance vous avez de vous avoir tous .

Céline a dit…

Ton texte est très beau, Marie-Pierre. Etant du côté de l'enfant, je me permets cette remarque: perso, je n'attends pas de mes parents qu'ils m'évitent les souffrances, c'est impossible. J'attends de mes parents qu'ils soient présents pour vraiment m'accompagner sur le chemin, pour vraiment entendre cette souffrance, et c'est à moi d'apprendre aussi les choses de la Vie. Il y a dans une vraie écoute tant d'Amour qui aide, et en te lisant, je sais que tu as cet Amour et cet écoute, donc, là, c'est peut-être à toi d'accepter que tes enfants passent par des moments difficiles en sachant qu'il y a TOUJOURS ensuite le soleil. Avec toute mon amitié,

Sandrine0982 a dit…

mon dieu que c est beau...
J aimerai avoir ne serait ce qu un dixieme de ton talent d ecriture. C est vraiment magnifique